Bienvenue chez les Bourbines
Un bourbine, c'est un Helvète qui vit du bon côté de la barrière de rösti ou Röstigraben et qui parle le dialecte suisse allemand ou Schwitzerdütsch, une très ancienne et belle langue, gutturale à souhait, ayant pris ses racines au Moyen Age.
La tradition veut que les Romands appellent leurs compatriotes alémaniques de différentes manières comme les Schtôbirnes, les Totôs, les Yo-yo, les casques à boulons, etc.
Particularités linguistiques:
Le suisse allemand est un dialecte germanique très très difficile de prononciation, proche d'une maladie de la gorge. Le non-connaisseur le confondra facilement avec l'arabe en raison des nombreux rrrrh. Pour savoir si vos cordes vocales sont adaptées à la pratique de cette langue, essayez de dire «dr chueche im chuchi chaschtli» dont la traduction est «le gâteau dans armoire de la cuisine» et qui doit se prononcer à peu près «trr rou'eurheu im rôôrhyy rââhchtli».
Caractéristique:
Dans un couple alémanique, le mari ne prend jamais part à la vaisselle après le dîner, car il essuie salement...
LE LOCLE
Succès pour «Dis Woir», concours du meilleur accent
Anne-Marie Schaub, âgée de 62 ans, est la grande gagnante du concours du meilleur accent neuchâtelois qui s'est déroulé au Locle. Les deux viennent-ensuite sont des messieurs Daniel Delachaux (54 ans), de Travers et Claude Richard (55 ans), de Boudry.
Au terme d'un long processus, cette Chaux-de-Fonnière a obtenu la première place devant dix autres finalistes.
«Entre 2000 et 3000 personnes nous ont fourni des contributions personnelles de qualité. Nous en avons sélectionné 150 pour les demi-finales puis onze pour la grande finale», a expliqué l'un des organisateurs du concours. De mars à juin, des cabines d'enregistrement libre service ont été placées dans le canton.
La nouvelle «ambassadrice du parler neuchâtelois» n'avait pas fait elle-même les démarches pour participer. C'est sa fille qui l'a inscrite, poursuit M. Colagrossi.
Lors de la grande finale, Mme Schaub a ému le public en racontant des souvenirs de sa jeunesse.
Les
toponymes
Auvernier, les Auvernois, les
Auvernoises
Les Bayards, les Bayardins, les Bayardines
Colombier, les Colombinois, les Colombinoises
Cortaillod, les Carcoies, -
Couvet, les Covassons, les Covassones
Cressier, les Cressiacois, les Cressiacoises
Hauterive, les Altaripiens, les Altaripiennes
Noiraigue, les Néraouis, les Néraouies
Peseux, les Subiéreux, les Subiéreuses
Les Ponts-de-Martel, les Ponliers, les Ponlières
Travers, les Traversins, les Traversines
Val-de-Ruz, les Vaudruzans-(zanes) – les Vaudruziens-(ziennes)
Les Verrières, les Verrisans, les Verrisanes
et de l'autre côté du lac, juste pour la beauté du surnom:
Estavayer-le-Lac, les Staviacois, les Staviacoises
photos
F.Choffat tous droits réservés
Lac de Neuchâtel
L'accent de chez nous
Le parler chaux-de-fonnier d'antan et d'aujourd'hui
Rétrospective (fin)
Extraits du catalogue: le pavillon Nouvelle DestiNation à Bienne évoque les rapports que les citoyens et les citoyennes entretiennent avec l'Etat. Des dialogues traduisent les multiples aspects de la vie publique et invitent les visiteurs à participer activement à la construction de l'avenir.
On y accueille les visiteurs en leur remettant un audioguide avec lequel, tout au long de leur parcours, ils écoutent des textes
brefs évoquant toutes les disciplines sportives, symboles choisis pour illustrer les interrogations de l’exposition. La politique est-elle un jeu? Une lutte? Un engagement à cheval entre plaisir
et devoir?
Personne n’a compris le concept et même les plus intellos des
abscons ont déclaré forfait.
Rappel des thèmes de chaque arteplage:
Sens et mouvance: Jura
Nature et artifice: Neuchâtel
Moi et l'Univers: Yverdon
Instant et éternité: Morat
Pouvoir et liberté. Bienne
Sifranc est aussi resté sur sa faim, lisez
plutôt:
Aveu
d’impuissance
Comment explorer
l’arteplage de Bienne en un seul jour si l’on doit faire la queue devant chaque pavillon? Eh bien, en bâclant la visite afin de rattraper le temps perdu. Et tant pis pour la compréhension du
thème! Ce type d’empressement collectif ressemble aux visites éclair de Paris: on gravit la tour Eiffel seulement jusqu’au deuxième étage parce qu’il y a trop de monde. On fulmine pour atteindre
les trois cents mètres du «squelette de beffroi», surnom qu’avait donné à la Tour un illustre détracteur, Paul Verlaine… en pleine Exposition universelle de 1889.
A la rentrée, les récits des vacanciers ne vont pas tarder à affluer. Chaque année, on est abreuvé de résumés du style «on a tout fait en un jour». A donner poliment l’impression de croire ces
aventuriers turbocompressés, je passe pour un naïf. Mais, de mon côté, j’ai la satisfaction d’avoir assimilé toutes mes visites à Expo.02. Sauf au pavillon Nouvelle DestiNation où j’ai dû feindre
l’étonnement et esquiver le raisonnement…
L’art porté aux nues
En perpétuelle recherche d’inspiration, des pseudo-artistes s’ingénient à créer des œuvres éphémères avec des moyens bon marché. La matière première n’a donc pas manqué à Spencer Tunick qui a pu confectionner sur l’arteplage de Neuchâtel une gigantesque brochette de crevettes saumonées. Posant nus, les mille cinq cents bénévoles ont constitué ce qu’on appelle dans l’art pictural une nature morte. Il a fallu que le photographe ait la mauvaise idée de renvoyer d’abord les hommes aux vestiaires pour que ceux-ci se précipitent tout habillés sur les rives en faisant des palabres lubriques sur les courbes de charmantes créatures. Chassez le naturel, il revient au galop! Par contre, à dix kilomètres de l’arteplage, au camp de l’ONS, à Zihlbrücke, on peut se pavaner dans son plus simple appareil, sans que ce dernier porte la marque Nikon… Là, des naturistes prônent la vie saine, sans fumée, ni viande ni alcool. Il y a cinquante ans, ces pionniers sans tunique ni spencer ont été chassés des plages. Chassez le naturiste, il revient au bungalow !
La soupe sur le feu
L’émission de radio « La Soupe est pleine » émettait en direct depuis l’arteplage dimanche 16 juin à Neuchâtel. L’invité était Adolf Ogi. Il était hardi pour Yvan Frésard de poser des questions préparées en coulisses à ce pince-sans-rire qui me fait un peu penser à Emil. Yvan Frésard, qui s’était brouillé avec Lova Golovtchiner en lui reprochant son manque de spontanéité, a été mis plusieurs fois dans l’embarras, l’œil fixé sur ses fiches. Le public, entassé dans la salle de l’Aparté, a franchement rigolé grâce à Adolf Ogi. Tiens, avec Emil, cela fait deux Suisses allemands qui ont su abolir la frontière de rösti. Les marchands de soupe et les videurs de corbeille en ont érigé une entre eux. Ils ont vidé leur fiel dans la presse romande sans aucun humour. Un peu de modestie leur aurait permis de manier l’autodérision. Encore faut-il savoir ce qu’est l’autodérision. Quand on se moque de moi parce que je roule Mitsubishi et qu’on prononce Mitsubichenit, je ris de bon cœur, mais c’est de l’auto-dérision, pas de l’autodérision… Pour en revenir à nos humoristes romands radio et TV, j’aimerais ajouter que, la veille, samedi 15, j’ai pour une fois apprécié le « Fond de la corbeille ». L’hôte de la soirée était Darius Rochebin. Il a sauvé l’émission par son charisme. C’est ce qui arrive quand l’invité est meilleur que les journalistes...
Les deux zéros
Les liaisons dangereuses ne sont pas seulement un roman célèbre. Elles sont omniprésentes. Je n’aborderai pas celles, fortuites, issues d’une rencontre adultérine, car la place qui m’est dévolue ici ne me permet pas de m’étendre sur le sujet. Je veux plutôt parler des mauvaises liaisons que l’on entend à la télévision ou à la radio: «Une rampe pour les z’handicapés a été prévue à Expo.02.» «Ce sera bientôt la fin des z’haricots pour ce joueur dont le genou l’handicape depuis le début de saison.» Samedi 4 mai, à la TSR , Bertrand Piccard** était l’invité de l’émission «Qu’est-ce qui fait rire...» On a revu Adolf Ogi accueillant à Cointrin les deux aérostiers après leur tour du monde en ballon. Le président de la Confédération d’alors avait traité Brian Jones et Bertrand Piccard de zéros: «Je suis fier d’accueillir nos deux z’héros!» C’est vraiment formidable qu’un Suisse allemand ait pu, même en fourchant, nous rappeler que la règle du h aspiré partait d’un principe bien inspiré…pour mes Carnets de maladresses
Le conseiller fédéral Adolf Ogi a été président de la Confédération en 1993 et en 2000.
Vice-président en 1992, 1999.
* Sifranc avait rencontré M. Adolf Ogi lors de La Soupe est pleine, émission radiophonique retransmise en direct sur l’arteplage de
Neuchâtel, le dimanche 16 juin 2002.
** Rappel historique: le ballon Breitling Orbiter III décolle de Château-d'Oex le 1er mars 1999, à 9h05, aux commandes se trouvent Bertrand Piccard (CH) et Brian Jones (GB). Après 19 jours, 21 heures et 47 minutes de vol, le Breitling Orbiter III se pose le 21 mars à 6h57 dans le désert aux environs de l'oasis Mut, en Egypte. Cette expédition bat tous les records: celui de la durée de vol et celui de la distance avec 45 755 km.
Le ballon ayant réalisé le tour du monde sans escale, ici au décollage à Château-d'Oex, le 1er mars
1999.
(photoPierre
Schwaller)
Tranches de vie
La controverse qui a précédé Expo.02 a été virulente. Combien de gens ont maugréé contre la manifestation nationale en jurant de ne pas y mettre les pieds? Pourtant, les visiteurs des arteplages ont été ravis et l’ont fait savoir. On sait qu’avec le bouche-à-oreille, on touche à l’oseille… Comme c’est difficile de tout assimiler en un seul jour, ils ont poussé le tourniquet une seconde fois, faussant ainsi le comptage. Mais foin de toutes ces balivernes! On dit qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Pourquoi dès lors avoir honte d’aller à Expo.02 après l’avoir dénigrée? S’obstiner serait une erreur. Une grande partie de la population suisse, que l’on dit vieillissante, ne pourra pas se rattraper sur la prochaine Expo nationale. Les quinquas comme moi n’y seront plus. Seule ma petite-fille Marjorie que j’ai emmenée sur la grande roue se rappellera qu’elle y était avec son grand-père. Et sa petite main, accrochée à la mienne dans le Palais de l’équilibre, a laissé son empreinte. Juste pour une petite tranche de vie partagée, ne valait-il pas la peine d’ouvrir un peu mon esprit?