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© L'Air du temps

Une raclette à discrétion pour les gogos


En séjour d’une semaine dans un centre thermal dont nous tairons le nom, nous avons été invités à une soirée gratuite, offerte dans le cadre du forfait Fitness+Wellness (en français dans le texte). La salle est pleine. Un employé s’apprête à chauffer le gril contenant des demi-meules de raccard. Comme l’employé est seul à se brûler les doigts, de pauvres serveuses font les navettes en courant de table en table, livrant les assiettes garnies de deux minuscules pommes de terre. Les clients salivent. Un buffet de salades trône dans l’arrière-salle pour faire patienter ce beau monde.
Un musicien interprète quelques morceaux sur son clavier électronique dans une ambiance bon enfant. Le hic, c’est que la portion de fromage fondu descend dans le gosier plus rapidement que la livraison. Faites le calcul: deux sommelières pour 80 personnes et un seul racleur...
La carte d’invitation précisait «Soirée raclette à gogo», donc «à discrétion». En moyenne, chaque convive a englouti deux portions de fromage. Les pauvres touristes venus en Valais pour déguster la fameuse raclette suisse vantée dans les prospectus n’auront en mémoire et dans l’estomac qu’une salade de carottes râpées et deux patates. Râpée aussi la soirée quand le musicien a entonné: «Bonsoir Mesdames, bonsoir Messieurs, c’est l’heure d’aller rêver.» Minuit était arrivé plus vite que le service. Le four à raclette était déjà débranché avec les restes d’une meule attendant la prochaine soirée dédiée aux gogos...
 


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Mercredi 14 février 2007
- Par Sifranc
Les aveux confidentiels d’un cibiste

Avec l’avènement du téléphone mobile, le talkie-walkie a disparu. Dans les années 70, on voyait des cibistes arpenter les rues en grosses américaines flanquées d’antennes. Ils employaient un vocable propre à la Citizen Band. On s’était laissé dire qu’ils s’amusaient parfois à emprunter la fréquence radio réservée à la police. Ces forbans avaient réussi à localiser une patrouille en train de verbaliser pour un excès de vitesse. L’écoute illégale avait donné ceci:
– Chef, on vient d’intercepter un Allemand qui roulait à 180 km/h avec sa Porsche, qu’est-ce qu’on fait?
– Confisquez-lui sa bagnole et collez-lui une amende salée!
Cinq minutes plus tard:
– Chef, il y a un problème, le gaillard est un haut gradé de la police allemande!
– Bon, laissez-le rentrer avec sa Porsche mais prenez ses coordonnées pour le paiement de l’amende. Et faites-moi un rapport complet!
Cinq minutes s’écoulent:
– Chef, le gars de la Porsche refuse la contravention et menace de prendre un avocat.
– Bon, foutez-lui la paix mais faites-lui quand même la morale!
La leçon à tirer: afin d’éviter tout incident diplomatique, demande toujours le rang qu’occupe le contrevenant. N’oublie pas les bons préceptes si tu... lis bien: s’excuser d’abord et faire la morale ensuite. C’est ainsi qu’on fait avancer le Smilblick...

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Mardi 13 février 2007
- Par Sifranc
Une cure de jouvence se prend en plein air dans une foule bigarrée


Dans les villes qu’on découvre à l’étranger, on est curieux de voir comment les gens s’amusent la nuit. Après les visites de cathédrales, de musées et de monuments, on s’enfile le soir dans une boîte afin de se divertir en musique. Pour se sentir à côté de la plaque, il suffit d’entrer dans une discothèque... un endroit conçu pour que les plus de 30 ans ne puissent pas connaître!
Par contre, rien ne vaut un bain de foule en plein air, toutes générations confondues, dans un festival. Afin de retrouver sa jeunesse perdue, on peut se pavaner sur la plaine de l’Asse avec une tartine et une canette ou s’éclater sans retenue sous les étoiles filantes de la mi-août dans les arènes d’Avenches.
En clôture de saison, il y a le Chant du Gros 2009, au Noirmont, pour se noyer dans les riffs de «Smoke on the Water», un titre qui n’a pas pris une ride. Les paroles du morceau relatent l’incendie qui avait complètement détruit le casino de Montreux en 1971 pendant le concert de Frank Zappa. La fumée planant sur l’eau (du lac) avait inspiré le groupe Deep Purple, désormais entré dans la légende lémanique.
Pour reprendre la rock and roll attitude de nos tendres années, il suffit de s’enfiler dans un costume hippie et de se croire à Woodstock sous l’orage en gueulant «No rain, no rain!» Un événement culte que les plus de 50 ans ont bien connu... par procuration. Les vieux baba cools restent en quête d’un esprit libérateur, un bandana pour cacher leur calvitie...

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Lundi 12 février 2007
- Par Sifranc
Une leçon de vie mise en bocal

 
C’est l’histoire d’un professeur de philosophie qui remplit devant sa classe un immense bocal. Il y engouffre des balles de golf. Le récipient est plein, admettent les étudiants qui ne comprennent pas, à ce stade, où le maître veut en venir. C’est alors que ce dernier y ajoute des billes. Les espaces laissés libres par les balles sont comblés. Les élèves le sont moins...
Le philosophe conclut sa démonstration en versant du sable dans le pot complètement plein, comme le prof... mais de bonnes intentions.
La conclusion de l’expérience prend une tournure sérieuse lorsque l’enseignant décode:
– les balles de golf sont les valeurs importantes de la vie comme la famille, les enfants, la santé, tout ce qui passionne. Nos vies seraient pleines quand bien même on perdrait tout le reste.
– les billes sont les autres choses qui comptent, comme le travail, la maison, la voiture, etc.
– le sable représente le solde, les petites choses de l’existence. Si on avait versé le sable en premier, il n’y aurait eu de place pour rien d’autre, ni les billes ni les balles de golf. Moralité: si l’on dépense toute notre énergie et notre temps pour des bagatelles, nous n’aurons jamais de place pour les choses importantes.
A chacun de nous d’établir ses priorités. Est-ce encore important, après cette leçon de vie, de se faire du mouron pour avoir égaré son natel, loupé une émission sur MTV, ou «oublié» de transférer tous azimuts et sous la contrainte le présent e-mail que vous venez de lire?

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Dimanche 11 février 2007
- Par Sifranc
Tout le monde tombe dans le panneau!


Le géant de l’alimentation suisse s’est risqué à la guérilla publicitaire. Une amende pourrait s’élever à plusieurs milliers de francs pour infraction à la Loi fédérale sur la circulation routière. Il avait eu la mauvaise idée de coller un M orange sur des panneaux indicateurs à l’entrée de 67 villages contenant la même lettre que son enseigne. Le tarif de ce détournement de pub aura-t-il les résultats escomptés? On peut en douter. Par contre, le grand distributeur a cartonné avec un spot télévisé montrant une poule apprivoisée. L’héroïne sort de sa ferme de bon matin, parcourt la campagne et arrive en ville jusqu’au magasin. Là, elle pond dans un carton à œufs. Cette séquence plaît beaucoup au public et des vidéos circulent sur le Net.
Mais cette fois-ci, c’est les paysans qui tombent dans le panneau. Au téléjournal, une représentante de la paysannerie s’est élevée contre l’utilisation de cette poule qui traverse même au feu vert un passage pour piétons. Pourtant, bien que doublée, la fameuse poule n’a pas été brusquée, chouchoutée qu’elle est par sa dresseuse, Tatjana Zimek, une Allemande spécialisée dans l’animation animale pour le cinéma. Pour une fois qu’une pub ne fait pas fuir aux toilettes le téléspectateur, il ne fallait pas s’insurger. La vie peut aussi être marrante, non? Si je prétends qu’on manque d’humour dans l’agriculture, y a l’Fernand qui va me dire: «La ferme!»
En 2007, à Rochefort, un champ de blé avait été victime d’un «crop circle». Si d’éventuels extraterrestres – des Verts – devaient débarquer chez mes amis paysans, alors là je prendrais leur défense...




[Pub] Migros : Aliments frais et bio (2009)


La nouvelle pub Migros pour promouvoir les produits frais et issus de la culture biologique.


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Samedi 10 février 2007
- Par Sifranc
La revanche du musicien de rue


On les rencontre dans les gares, assis devant leur crousille. Aucun regard ne croise celui qui tire sur son accordéon poussif dont plusieurs boutons se sont fait la paire. «La Paloma» est jouée en boucle sur deux accords par ces reclus de conservatoire. Au fait, saviez-vous que le compositeur de ce succès planétaire est mort dans l’oubli en 1865?
Le cinéaste Mark Johnson a sillonné la planète pour filmer une centaine de séquences de musiciens de rue. Ça donne, sous l’appellation «Playing for Change» (à voir sur You Tube), une reprise de la chanson «Stand By Me» qui s’étale de la Californie au Congo, en passant par la Nouvelle-Orléans, Amsterdam, l’Afrique du Sud, Toulouse, Rio, Moscou, Caracas, Pise ou Barcelone avec des musiciens qui ne se sont jamais rencontrés... Des milliers d’internautes ont vu ce patchwork musical qui constitue un cri pour la paix entre les peuples.
Dans un autre registre, le violoniste virtuose Joshua Bell a joué durant 45 minutes dans le métro de Washington en janvier dernier. Il n’a récolté que 32 $. Aucun applaudissement! Personne ne savait qu’il frottait son archet sur un Stradivarius de 1713 acheté quatre millions de dollars ni que, deux jours plus tôt à Boston, il avait rempli le théâtre au prix de 100 $ l’entrée VIP.
Entre ceux qui jouent comme des pieds, ceux qui illuminent la Toile innocemment et ceux qui, virtuoses, passent inaperçus dans un souterrain, avouons que la vie de musicien n’est pas facile.
Le jeune Soan, qui sort d’une bouche de métro, se bat comme un beau diable à Baltard pour devenir la Nouvelle Star. Une belle revanche sur l’anonymat...


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Vendredi 9 février 2007
- Par Sifranc
La chasse aux boutonneux


Après Mai 68, on criait avec Johnny Hallyday «Flagrant délit de jeunesse». Cette chanson nous collait à la peau alors qu’on militait pour plus de liberté: «On vous accuse de jeunesse / Vos habits et votre aspect / Vous rendent tous un peu plus suspects / En vérité je vous le dis / Vous vivez tous en flagrant délit / Flagrant délit de jeunesse / C’est un péché plus sérieux que l’ivresse.»
La chasse aux jeunes continue de nos jours. Les autorités de Mansfield (GB) ont installé un éclairage rose à certains endroits pour éviter les rassemblements d’adolescents. Ces lumières exagèrent l’acné juvénile. Des lampes normalement utilisées en dermatologie mettent en relief les vilains boutons. Les boutonneux honteux de leur visage bourgeonnant s’en vont glander ailleurs tandis que l’on tamise – à Londres! – la lumière dans les night-clubs pour masquer les rides des cochons de vieux qui viennent s’échanger les partenaires...
La City avait déjà diffusé en 2005 de la musique classique dans des bouches de métro pour chasser les rappeurs. Des chercheurs avaient même testé des émetteurs d’ultrasons audibles uniquement par les jeunes oreilles.
L’autre jour, dans une boutique, j’ai été gratifié d’un rap provenant de la cabine d’essayage, tandis que du côté de la caisse où m’attendait la couturière, une brailleuse anglaise vociférait des vocalises sur le haut-parleur d’une autre échoppe. A mi-chemin, j’avais envie de fuir cette musique de fond pour préserver mes tympans. Mais avec mon nouveau pantalon trop long, je ne pouvais pas courir...

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Jeudi 8 février 2007
- Par Sifranc
Des hommes cuits comme des crapauds

Les batraciens se rendent au marais en traversant la route à leurs risques et périls. Des écolos érigent des murets de protection tandis que des gastronomes attendent de bouffer leurs cuisses. Comme les baleines échouées qu’on sauve sur une plage australienne mais qu’on massacre au Japon...
Les aberrations auxquelles on assiste impuissants me font penser au «principe de la grenouille cuite» développé par le philosophe Olivier Clerc dans son livre «Leçons de vie». Sa théorie nous plonge dans une marmite d’eau froide où une grenouille se serait plu, si vous acceptez la comparaison avec l’être humain. On tolère l’eau tiède, mais la température continue de grimper. Tout va de travers: le pape perd ses bourses, la banque fait des bulles... les nantis sautent en parachutes dorés en vol libre... L’actualité nous épuise. Le monde du travail est sous pression, la marmite explose. A ce stade, la grenouille meurt, l’homme, lui, finit lessivé dans l’eau bouillante.
Si notre grenouille avait été plongée directement dans l’eau chaude, elle aurait donné un bon coup de patte qui l’aurait éjectée de la marmite. Cette métaphore démontre qu’un changement, lorsqu’il s’effectue d’une manière suffisamment lente, échappe à la conscience et ne suscite ni opposition, ni révolte. Des événements qui nous auraient horrifiés naguère ont été peu à peu banalisés et nous laissent aujourd’hui indifférents.
Va-t-on donner le bon coup de patte? En tout cas, on ne peut pas tourner la page, puisqu’on est sur la dernière...

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Mardi 6 février 2007
- Par Sifranc
Alerte aux Urgences

Dans les cours de samaritains, on nous avait enseigné de ne pas se précipiter sur un blessé qui hurle. Il faut penser d’abord à celui qui gît, à côté, inconscient. Son silence quémande autant de soins. Mais le mauvais réflexe du sauveteur est de se diriger vers les cris parce qu’ils sont insupportables.
Un médecin de garde s’est fait tabasser aux Urgences de l’Hôpital de Fribourg. Un gars se présente à la réception vers 1h du mat’ avec ses amis. Alors que l’interne s’occupe de lui, son frère s’énerve, estimant que «ça ne va pas assez vite». Face à la recrudescence des agressions, un agent de sécurité veillera désormais aux Urgences...
Une infirmière explique qu’elle est souvent agressée verbalement par des (im)patients profitant du week-end pour se rendre à l’hôpital: un enfant qui vomit son quatre-heures suite à une indigestion de chocolat et de pop-corn ou un sexagénaire victime de saignements de nez...
Un généraliste s’est confié dans la presse. Il travaille 70 h par semaine, consulte 30 patients par jour. Pour les cas urgents, il se déplace à domicile et ne facture pas le temps réel, car il est pris dans les embouteillages. Selon lui, les gens appellent toujours plus dans l’urgence parce qu’ils doivent fournir sans délai un certificat à leur patron.
Un ministre hante actuellement les cabinets. Les toubibs ont diagnostiqué chez lui une incompétence à diriger la Santé. Comme ce grand monsieur est toujours en train de parler, il pourrait bien être mis de côté par le corps médical qui a d’autres pathologies à surveiller...

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Lundi 5 février 2007
- Par Sifranc
Une confiance aveugle dans les institutions


Madame ne sort plus le soir. Les rues ne sont pas sûres avec les rôdeurs, selon les propos de ses contemporaines qui lui ont raconté leur mésaventure. Des loubards arrachent les sacs à main!
Prévoyante, elle s’est confiée à son banquier. Une institution suisse de grande renommée lui a conseillé de placer ses avoirs dans une compagnie américaine, Rococo & ses Frères.
Prônant la sécurité absolue, elle a rabroué les colporteurs, les marchands ambulants et les mendiants. Tous ces tire-sous et bonimenteurs de basse classe.
Rassurée au guichet cossu de sa banque, en face d’un employé bien rasé, portant complet-veston et cravate assortie, elle s’est sentie un peu plus intelligente grâce aux explications du sympathique expert.
Se méfiant des arnaques, des offres gratuites, elle a fui ces courses organisées en autocars qui vous baladent à travers la Suisse. Une halte dans un motel est proposée ainsi qu’un bon repas. Avec, à la clé, une démonstration de matelas, de couvertures chauffantes ou de batteries de cuisine.
Ses relations bancaires ayant pris une cadence mensuelle, Madame s’est lancée à corps perdu dans la finance pour mieux s’appuyer sur les trois piliers de prévoyance. Le premier n’étant pas assez solide, des actions allaient faire d’elle une rentière digne de ce nom.
Mais Rococo & ses Frères, les cols-blancs et les ronds-de-cuir ont quitté le navire. Fauchée, elle reste seule sur le pont inférieur à regarder les vagues...


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Dimanche 4 février 2007
- Par Sifranc

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