Une lesbienne à l'écran

Publié le par Sifranc le correcteur

Écart involontaire de langage

Dans le jargon des professionnels de l'imprimerie, on emploie des termes susceptibles de heurter les oreilles de personnes non informées. Lors de mon activité de secrétaire/correcteur de rédaction, je me rendais aux boîtes aux lettres à partir de 20h pour signaler au typographe si la page des avis mortuaires pouvait être bouclée ou non. Afin de justifier mon absence en cas d’appel téléphonique, je criais au metteur en pages: «Je vais aux morts!» En remontant, je donnais le feu vert en criant: «Plus de morts!»

Un en-tête variable

Il y avait aussi la page consacrée à la ville de Bienne. Sur l’en-tête – la têtière en jargon typo – figurait en lettres capitales (majuscules). le nom de cette ville dont l’agglomération est très importante. Il arrivait souvent que l’on doive modifier la têtière selon l’actualité. Un événement qui se serait passé aux alentours de cette ville, un accident grave, un incendie, nous obligeait de changer l’énoncé en «Bienne et environs». À chaque édition – et au risque de l’oublier – il fallait jeter un dernier coup d’œil sur cette fameuse page. Chaque soir, le metteur en pages s’en informait avant le bouclage. On entendait alors crier: «Environs!» Un soir, c’est une jeune fille qui était aux commandes de l'écran, et comme la page biennoise ne contenait que des événements locaux, on entendit quelqu'un lui crier: «Laisse Bienne!» Aïe!

Publié dans Langue fourchue

Commenter cet article

honorius 11/08/2017 01:01

Remarque si la ville avait été Moncul je n'ose imaginer la réaction de la damoiselle ! Amitiés du vieux sorcier

Sifranc le correcteur 11/08/2017 06:55

Daniel Prevost nous avait concocté un sketch mémorable sur cette commune qui sort du Lot...!

alphomega 25/03/2014 10:01


Chaque corporation a son langage ésotérique pour les profanes, le posséder c'est déjà faire partie des initiés.

Sifranc le correcteur 25/03/2014 23:22



bien dit