| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||
Sortir de sa solitude
Un clic sur la phto pour découvrir le site de feu l'artiste
Qui de l'artiste ou de son conjoint se sent le plus seul? L'artiste dont les créations n'éveillent plus de contestation ou l'épouse qui vit dans l'ombre de son
compagnon de route?
Camille Claudel pour Rodin, Niki de Saint-Phalle pour Jean Tinguely, Jeanne-Odette pour Claudévard résument bien la pluralité de deux solitudes artistiques.
Personne n'est plus seul que celui qui recherche inlassablement la perfection. En s'attelant à arrondir le cercle, à suivre les contours de la roue cent fois réinventée, André Ramseyer, dans sa
quête du Graal curviligne, a dû sûrement connaître des moments de solitude. C'est là que sa femme l'a entouré. En retour, sa Jacqueline, il l'a placée au centre même de son inspiration. Sa muse
l'a suivi dans ses jours de galère quand il esquissait des formes arrondies pour des élèves se lançant dans les beaux-arts.
Dans sa complémentarité, le couple Ramseyer a surmonté tous les pièges de la suffisance. Lui, par ses sculptures peaufinées dans l'infinitésimale plastique de
rondeurs inassouvies. Elle, dans le cercle familial, a traversé le temps avec l'artiste qu'elle a soutenu avec passion. Jacqueline découpe alors les bribes de poèmes qu'André laisse traîner dans
les tiroirs de l'atelier comme des petits papiers qu'on sème à tous vents. Elle en confectionne des encadrements par des collages ornés de bouts de soie et de brillants qu'un ami horloger à la
retraite lui a offerts. De minuscules fournitures d'horlogerie qui scintillent d'authenticité. Comme des étoiles accrochées à un ciel acrylique tourmenté et violacé, les compositions de
Jacqueline servent de toile de fond à la sculpture en plâtre qu'André Ramseyer a exposée au Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel dans le cadre de la triennale consacrée aux couples d'artistes.
Portant le titre «Poème», la sculpture en travail parachève ce coup d'œil à la fois poétique et onirique qui nous ramène au silence habité, l'ode qu'André a écrite dans son livre de poèmes, édité
en 2002 aux ateliers PréTexte.
ô toi
de la bouche de délice
où j'ai reçu l'ivresse
je cueille les fruits de ton silence
Francis Choffat
Hommage à Jacqueline et André Ramseyer figurant dans le catalogue édité par le Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel ainsi que par le Musée des beaux-arts du Locle – Triennale Visarte Neuchâtel 2006.
Restez assis et cliquez dans les galeries
Derniers Commentaires