B. B. (par Pierre-Eric Monnin)

Publié le par Sifranc le correcteur

Pierre-Eric Monnin-copie-1

L'ancien prof a laissé un message sur ce blog

 

Ces deux initiales évoquent tout d’abord Brigitte Bardot, pour moi, puis Bed and Breakfast, évidemment, mais maintenant c’est avant tout Bonheur Bis.
Je m’explique.
En 1959, j’avais alors 19 ans, j’ai commencé ma carrière d’enseignant comme remplaçant d’un copain qui partait sous les drapeaux pour quatre mois. C’était à l’Ecole secondaire de Tramelan, où les filles portaient encore toutes un fourreau bleu foncé.
Le Bonheur est venu assez vite, surtout dans deux classes parallèles de cinquième. Les porteurs de culottes courtes et les petites bleues n’avaient que quelque huit années de moins que moi et, pourtant, ils m’ont respecté d’emblée. Il faut dire qu’à l’époque, la discipline allait de soi, ou presque, même avec un jeune remplaçant. De surcroît il y a eu un courant de plus en plus fort qui a circulé entre nous lorsque je leur ai proposé d’écrire des vers, lors des leçons dites de «composition». Comme le programme de français était peu contraignant, j’avais carte blanche, tant pour le fond que pour la forme, et comme l’automne arrivait, ce fut là le premier sujet. Ai-je lu «Les sanglots longs/des violons/ de l’automne/…» à mes élèves, c’est bien possible, car des Verlaine en herbe il y en avait; une gerbe de poèmes spontanés et ravissants a jailli. Peut-être qu’«On n’est pas sérieux quand on a 18 ans», mais à 11 ans on l’est, avec toute la fraîcheur et l’innocence perdue par Rimbaud avec son enfance. Bref, ce fut un tout grand moment, du Bonheur pour chacun, du moins à en croire le si joli cadeau qui fut fait au prof de passage lors de son départ: un petit carnet dans une des deux classes, une petite liasse dans l’autre, le tout rempli de poésies personnelles pour lui dire merci et au revoir.
Le Bis est venu bien plus tard, quand j’étais prof encore, mais à l’Université de Neuchâtel, à la toute fin du siècle passé, et que j’ai reconnu la photo à gauche de «L’air du temps» à la dernière page de «L’Express» local. C’était bien ce «p’tit Choffat» qui avait montré tant de plaisir et tant de talent lors de nos exercices à la rime. D’ailleurs, sa signature l’attestait; il était devenu correcteur pour un des trois des journaux d’ArcPresse puis secrétaire de rédaction et pigiste à ses heures. Quelle joie de le retrouver et de parler un bon moment du temps qui passe!
En guise de Coda, comme pour finir en BBC canal spécial, j’ajouterai que j’aurais pu crier «Ter» quand j’ai enfin redécouvert, dans un vieux carton sous un lit, ces chers poèmes de jadis.

                                                                                                                          PEM

 

 

toile

La verrière du prof photographiée lors d'une gelée sur son Velux. Tout en poésie!

 

Verrière

... et trois ans après, la nature récidive

Publié dans Souvenir de classe...

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P.-E. Monnin 28/06/2013 19:12


Cela m'émeut de découvrir que non seulement l'auteur du blog, mais d'autres internautes sont sensibles à cet échange de souvenirs.


Pem

Sifranc le correcteur 28/06/2013 21:53



Il faut reconnaître qu'en 8 ans, j'ai rencontré virtuellement pas mal de personnes intéressantes et cultivées. Cela m'a aidé à poursuivre l'aventure contre vents et
marées. Beaucoup d'internautes du début ont quitté le navire d'Over-blog



alphomega 28/06/2013 00:09


Un brin de nostalgie avec une superbe illustration. Je ne m'en lasse pas

Sifranc le correcteur 28/06/2013 05:28



... et vive ton regard sensible aux choses de la nature



Josiane 27/06/2013 17:50


C'est juste magnifique. C'est si bien écrit. Amicalement. JO

Sifranc le correcteur 27/06/2013 20:48



Merci d'être venue lire ces retrouvailles. Bisou