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Rendez-vous céleste

Publié le par Sifranc le correcteur

J'y étais en 1999
 

La préparation pour voir l’éclipse de fin de siècle a mûri dans ma tête pendant six mois. Des renseignements complémentaires ont été grappillés sur internet qui offrait plusieurs sites spécifiques. Il ne restait plus qu’à souhaiter un ciel sans nuages. Longtemps, j’ai hésité à me rendre sous la bande de totalité...
La perspective de pouvoir assister une fois dans sa vie à une éclipse totale de soleil a hanté mes nuits. Depuis février, rien n’échappait à la curiosité du chasseur d’éclipse que j’allais devenir. Ainsi, un article consacré à une manifestation musicale sur une colline de Lembach (Alsace) à une soixantaine de kilomètres de Strasbourg avait attiré mon attention.
Les prévisions météorologiques d’alors donnaient une chance de 50/50. Pas de quoi s’affoler, les étés sont ce qu’ils sont sous le cône d’ombre que nous gratifie cet obscurcissement du soleil par la lune. Une bande de totalité traverse l’Europe allant des Cornouailles (Angleterre) à l’Allemagne où sont citées régulièrement Stuttgart et Munich, en traversant auparavant la France au-dessus de Reims. Pour nous autres Suisses qui ne voulaient pas s’investir trop dans cette aventure, la perspective de trouver un ciel dégagé sur le Bengale où venait se fondre l’ombre de la lune n’entrait pas en ligne de compte. Elle sera de passage chez nous entre la France et l’Allemagne sur une largeur de 110kilomètres, un point c’est tout. En surfant sur le Web, on apprenait que la grandeur maximale de l’éclipse atteignait un peu plus que 100%, soit 1,0147. Il ne restait donc plus qu’à choisir une ville ou un endroit favorable. Il y a de la place pour chacun, mais les routes passent toutes par le même endroit. Les nordistes descendent et les sudistes montent. Une pagaille routière était dès lors annoncée. En quittant mon service de nuit à 23h, mardi 10 août, je prends connaissance des derniers bulletins météorologiques. Pas très rassurants! Une dépêche tombée sur le téléscripteur de la rédaction, non loin de mon bureau de correcteur, annonce même qu’il serait finalement plus sûr de s’installer devant son poste de télévision puisque le phénomène sera filmé depuis un avion volant au-dessus des nuages. Le meilleur endroit pour voir l’éclipse est alors annoncé entre Sarrebruck et Karlsruhe. Une fiche technique conservée soigneusement dans un classeur m’apprend que Baden-Baden jouit d’un obscurcissement à 100% à 12h32 28 secondes et demie! Hauteur du soleil: 54°, azimut 335°, premier contact 11h11 48,4 secondes... Début de l’éclipse totale ou 2e contact à 12h31 minutes et 21,1 secondes, maximum à 12h32 28,5 secondes. Durée de la totalité: 2 minutes 14,9 secondes. Pour la suite, on vous fera grâce des chiffres, en sachant toutefois que vers 14h ce sera la fin et le retour dans les bouchons autoroutiers...
Un collègue me salue et me souhaite bonne nuit en me recommandant de rentrer chez moi à Neuchâtel et de ne pas faire une connerie vu ma fatigue avancée suite à une soirée de boulot qui avait commencé à 16h. Fort de ce conseil, je quitte Le Journal du Jura. Ma voiture pourtant pleine de victuailles et d’habits de rechange, je prends la présélection de gauche via le centre-ville de Bienne, direction Neuchâtel. Le feu passant au vert, je scrute mon rétroviseur : pas d’auto, pas de flics: un grand coup de volant à droite, je croque une pomme qu’un collègue m’avait tendue lors d’un passage à son bureau et j’arrive une heure et demie plus tard à la frontière de Bâle où le douanier me fait signe de passer. Les gaz à fond, je suis en Allemagne et je me branche sur les canaux hertziens. Les chaînes françaises ne pipent pas mot des nuages qui vont tout foutre en l’air le rendez-vous céleste.
Par contre, mes fiches de Météo Suisse citent Karlsruhe, ville que j’atteins trois heures plus tard. Les aires de repos de l’autoroute sont pleines. Les occupants des véhicules alignés au cordeau tentent de dormir malgré un trafic de poids lourds bruyant et de voitures passant au moins à 150km/h. Ne me résignant pas à dormir dans de telles conditions, j’y fais toutefois une halte de deux bonnes heures pour me sustenter. Le café de ma Thermos me brûle les doigts et j’aperçois deux taches qui orneront mon complet pour la journée du 11. Tant pis, je ne vais pas à un banquet, je vais simplement à un rendez-vous de la nature où deux astres se trouvent parfaitement alignés et qu’ils retrouveront cette même position en 2081, année où ma petite-fille Marjorie aura 84ans. Tout de bon, petite, ton grand-papa qui t’aime fort, Francis. Le 11août 1999.
En traversant Karlsruhe, je cherche un endroit calme pour essayer de dormir. Je suis crevé! Tous les établissements sont fermés et il n’y a pas un chat dehors. Je prends la direction de Staffort et de Stutensee, deux villages que je ne connais pas du tout mais dont le mot «See» pourrait vouloir dire qu’il y a un lac ou un point d’eau. C’est dans un de ces bleds, devant un terrain vague en toile de fond que je m’allongeai sur les sièges-couchettes, entre une église évangélique et une villa cossue. Recherchant d’autres postes de radio, mais allemands cette fois, j’appris que la «Finsternis» était attendue de pied ferme mais que Munich était traversé par de très gros nuages chargés de pluie. J’étais donc dans le bon coin, jusqu'à ce que j’entende marteler sur le toit de ma bagnole quelques gouttes, une averse de vingt minutes. Quand le jour se leva, pas de soleil en vue, seulement de gros nuages, pas de taches bleues à l’horizon. Où est le Nord et le Sud? Faisant quelques pas dans le village pour apercevoir d’éventuels passants, je croise seulement des mecs qui se rendent en auto à leur boulot. La limitation à 30km/h dans cette zone résidentielle formée de villas bourgeoises n’est pas respectée. C’est vraiment une cité-dortoir où le chacun-pour-soi doit être érigé en dogme.
Désirant fuir cet anonymat qui me glace, je reprends la route dans l’espoir de visiter Karlsruhe de jour. Je m’enfile dans une auberge. Il est 9h. La maîtresse de maison me demande si je suis de l’hôtel. Mon visage mal rasé et les yeux encore tout bouffis auraient dû lui indiquer que l’on récupère mieux dans un vrai lit d’auberge. Un peu contrariée, elle me coule un café et je m’empresse de repartir, laissant la grosse dame à sa besogne, à trier du linge et plier des nappes. Quelques mètres à pied me conduisent au bord d’un canal et à part un cycliste en VTT, je ne vois personne, mais alors, par contre, un ciel toujours plus chargé. De guerre lasse, je reprends ma voiture et comme si j’avais décidé de rentrer en Suisse, je m’engage sur l’autoroute du retour. À la présélection de Baden-Baden, je bifurque toutefois sur ce haut lieu thermal. Cherchant une place de stationnement, j’aperçois un silo à voitures, près du Festspielhaus.

Muni de mon panier à pique-nique, mes données astronomiques et mon appareil photo, je prends l’ascenseur de sortie et j’arrive dans un merveilleux parc arborisé. Une mare et un jet d’eau égayent le décor et un petit pont traverse l’étang où je me défais de mes restes de pain que les canards s’empressent d’engloutir. Une longue attente, ponctuée par une pause-café au kiosque situé au cœur du jardin anglais, le choix d’un banc assez propre pour admirer le paysage et regarder les rares passants. À l’heure prescrite par les astronomes, le premier contact de l’éclipse se faufila entre des nuages autant emmerdants qu’angoissants. Faire plus de 300 kilomètres pour ne rien voir, c’est le sommet de la connerie. Ainsi, après avoir photographié les alentours, je me résignai à aller ranger mon appareil photo et tout mon barda dans la voiture située deux étages plus bas. Seul un objet me restait : mes lunettes spéciales «Sun Eclipse», absolument correctes marquées du sigle CE et qui furent dans un premier temps contestées par le BPA. Et dire qu’en 1961, je m’étais bricolé une boîte de conserve vide et flanquée d’un verre fumé à la bougie, scotché sur le fond de la boîte trouée pour admirer une éclipse partielle.
Au moment crucial et à la demi-seconde près, le deuxième contact avait lieu entre les deux astres et cela fit fuir quelques nuages. Un coin de bleu se profilait non loin et je fis comme une prière pour qu’il passe au bon endroit.
L’éclipse totale avait lieu à l’heure dite, calculée par les savants utilisant je ne sais quelles formules mathématiques que je suppose compliquées. Sur un fond de ciel complètement dégagé, mon éclipse totale tant attendue était là, majestueuse. Ne restait plus qu’à enlever les lunettes protectrices pour admirer ce spectacle et de l’immortaliser sur pellicule. Mais, voilà, l’appareil photo, je l’avais déjà rangé. Incrédule, va! C’est alors que j’ouvris tout grands mes yeux en profitant entièrement de cette aubaine qui ne se répétera plus de mon vivant. Je découvris les grains de Baily (ils portent le nom d'un astronome anglais).

Les rayons du soleil jouent avec les vallées et les cratères lunaires forment des perles rosâtres. Plutôt que d’observer à travers un objectif, j’allais voir de mes yeux nus une éclipse totale avec ses protubérances solaires.
La place s’était garnie de monde et j’observai les gens dans une ambiance totalement irréelle formée de couleurs orangées, ocre où je ne sais quelle couleur électrique. L’activité des canards a totalement cessé et le jet d’eau s’est allumé soudainement. La cellule électrique avait rempli son rôle quotidien lorsque la nuit tombe. Je remerciai la providence d’être tombé à cet endroit, en plein centre de Baden-Baden qui m’offrit un moment intense. Inoubliable!

L'éclipse totale du 21 août 2017 coïncide avec la date anniversaire de Valentin, frère de Marjorie, qui elle, attendra 2081 pour revoir une éclipse totale en Europe!

Un clic sur ce lien pour suivre en direct l'éclipse de lundi prochain!

Eclipse 2017 USA

Parc de Baden-Baden (1999). Au moment de l’obscurcissement total, la lumière du plan d’eau s’est enclenchée tandis que le jet d’eau passait au repos comme pour arrêter le temps dans un silence impromptu. Les canards devenaient aussi muets. Quand le soleil réapparut, les canards cancanaient de nouveau, les lumières s’éteignaient et le jet d’eau rejaillissait. Par un pur hasard, la chorégraphie terre-ciel fut parfaite.

Parc de Baden-Baden (1999). Au moment de l’obscurcissement total, la lumière du plan d’eau s’est enclenchée tandis que le jet d’eau passait au repos comme pour arrêter le temps dans un silence impromptu. Les canards devenaient aussi muets. Quand le soleil réapparut, les canards cancanaient de nouveau, les lumières s’éteignaient et le jet d’eau rejaillissait. Par un pur hasard, la chorégraphie terre-ciel fut parfaite.

La bande de totalité de l'éclipse prochaine.

La bande de totalité de l'éclipse prochaine.

Une lesbienne à l'écran

Publié le par Sifranc le correcteur

Écart involontaire de langage

Dans le jargon des professionnels de l'imprimerie, on emploie des termes susceptibles de heurter les oreilles de personnes non informées. Lors de mon activité de secrétaire/correcteur de rédaction, je me rendais aux boîtes aux lettres à partir de 20h pour signaler au typographe si la page des avis mortuaires pouvait être bouclée ou non. Afin de justifier mon absence en cas d’appel téléphonique, je criais au metteur en pages: «Je vais aux morts!» En remontant, je donnais le feu vert en criant: «Plus de morts!»

Un en-tête variable

Il y avait aussi la page consacrée à la ville de Bienne. Sur l’en-tête – la têtière en jargon typo – figurait en lettres capitales (majuscules). le nom de cette ville dont l’agglomération est très importante. Il arrivait souvent que l’on doive modifier la têtière selon l’actualité. Un événement qui se serait passé aux alentours de cette ville, un accident grave, un incendie, nous obligeait de changer l’énoncé en «Bienne et environs». À chaque édition – et au risque de l’oublier – il fallait jeter un dernier coup d’œil sur cette fameuse page. Chaque soir, le metteur en pages s’en informait avant le bouclage. On entendait alors crier: «Environs!» Un soir, c’est une jeune fille qui était aux commandes de l'écran, et comme la page biennoise ne contenait que des événements locaux, on entendit quelqu'un lui crier: «Laisse Bienne!» Aïe!

Les abréviations casse-tête

Publié le par Sifranc le correcteur

Les décalages horreur...Les décalages horreur...

Les décalages horreur...

Les fuseaux horaires

CEST en anglais veut dire Central European Summer Time

pour

HAEC Heure Avancée d'Europe Centrale

CET en anglais veut dire Central European Time

UTC en anglais/français veut dire Universel Time Coordinated

GMT est l'heure de Greenwich

Abréviations courantes

Publié le par Sifranc le correcteur

Souvent les gens compliquent la rédaction et la lecture en écrivant 2èmes et 1ères
 
Les adjectifs ordinaux:

On abrège premier: 1er
au pluriel: 1ers

première: 1re
au pluriel: 1res
deuxième: 2e
au pluriel: 2es
 
en mode exposant (caractères supérieurs)

 1er ,  1ers

1re , 1res

2e, 2es

Le massacre de l'orthographe!

Publié le par Sifranc le correcteur

(Captures d'écran TV et la Revue TU)(Captures d'écran TV et la Revue TU)
(Captures d'écran TV et la Revue TU)

(Captures d'écran TV et la Revue TU)

Déclarations publiques

à l'écrit:

C'est de la roupille de sansonnet vs C'est de la roupie de sansonnet

Le bouquet missaire vs Le bouc émissaire

Des élèves frais et moulus vs Des élèves frais émoulus

L’épée de dame Oklès vs L’épée de Damoclès

Rendre l'appareil vs Rendre la pareille

Le poteau rose vs Le pot aux roses

Le peintre explique que, dans l'art abstrait, il dissèque le sujet à peindre. 
vs
Le peintre explique que, dans l'art abstrait, il dit sec le sujet à peindre.

à l'oral:

C’est l’omerta à cet étage! Réponse: «Je ne connais pas cette dame!»

Vous aviez un mobile? Réponse: Un simple Nokia, Monsieur le juge!

Bienvenue

Publié le par Sifranc le correcteur

La femme du cordonnier fait les lits... et nous on lit!                                                     photo dr

La femme du cordonnier fait les lits... et nous on lit! photo dr

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© Le Carnet de maladresses extraits
à demander au: service_correction@bluewin.ch

 

© L'Air du temps extraits
à demander au: service_correction@bluewin.ch

 

Bonne lecture!

Mots à savoir...

Publié le par Sifranc le correcteur

Le terme lorem ipsum signifie du faux texte employé dans la composition et la mise en page avant impression, utile dans les maquettes de graphistes.

Exemple de texte fictif généré aléatoirement sur le site Lorem Ipsum:
Sed tamen haec cum ita tutius observentur, quidam vigore artuum inminuto rogati ad nuptias ubi aurum dextris manibus cavatis offertur, inpigre vel usque Spoletium pergunt. haec nobilium sunt instituta.


Hyperbole: procédé qui consiste à exagérer une expression pour produire une forte impression. Le contraire est une litote.

Exemples: pour mieux accrocher le lecteur lors d'un événement exceptionnel ou tragique: c’est un bon film: ce film est génial; l’apocalypse pour une catastrophe; un déluge pour des fortes pluies; un torrent de larmes pour une grande peine.

 

Haptique: on ne frappe plus sur des touches (iPad), on caresse une surface lisse. Cela s’appelle l’haptique.

 

Diastème:

(ou diastema, vient du grec «intervalle»)

Un diastème est, en odontologie, un écartement entre deux dents normalement adjacentes, plus particulièrement entre les deux incisives de la mâchoire supérieure. Celui du chanteur Yannick Noah est donc célèbre... Dans le langage courant, le diastème entre les incisives supérieures est appelé «dents de la chance» ou «dents du bonheur», car il est réputé apporter chance et bonheur à ceux qui possèdent cette caractéristique en France et dans le nord de l'Inde.

 

Cougar: une cougar désigne une femme, généralement de plus de quarante ans, qui cherche ou fréquente des hommes plus jeunes (des gigolos).

 

Catogan: queue-de-cheval (couette) portée notamment par des hommes.

 

Verbatim: mot ancien qui nous vient du latin verbum «le mot». Lorsqu'on l'emploie comme un adverbe, c'est pour signifier «mot pour mot» ou encore «textuellement».

Si on l'emploie comme un nom commun, c'est pour désigner une citation exacte d'un discours.

 

Un oxymore (ou oxymoron): alliance de deux mots de sens incompatibles, exemples: un illustre inconnu, une douce violence, un silence assourdissant (dixit Piccard, pour Solar Impulse), des voyages immobiles, atteindre l'inaccessible amour (Jacques Brel).

 

Un casus belli est une locution latine, signifiant littéralement «occasion de guerre», qui désigne un acte de nature à déclencher les hostilités entre deux États.

Au pluriel: des casi bellorum 

 

La procrastination: tendance à remettre systématiquement au lendemain des tâches à accomplir. Le retardataire chronique, appelé procrastinateur, n’arrive pas à se mettre au travail.

 

Le stakhanoviste est un adepte du stakhanovisme (source: un mineur russe laborieux Stakhanov)  qui désigne une personne très efficace, volontaire et abattant une quantité de travail hors norme.

 

Pragmatique qui s'adapte à toute situation, qui est orienté vers l'action pratique.

Les paronymes

Publié le par Sifranc le correcteur

Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé serait purement fortuite...

 

Un paronyme est un mot qui ressemble à un autre. Parfois, il y a juste une lettre ou une syllabe qui change. À l'ouïe, on peut les confondre, mais ces deux mots n'ont pas le même sens. Alors, attention à ne pas confondre paronyme avec patronyme...

 

Précepteur: celui qui enseigne

Percepteur: fonctionnaire qui perçoit les impôts

 

Résonner: renvoyer le son

Raisonner: user de la raison

 

et encore (sans fin)...

affleurer/effleurer

l’allocation/l’allocution

collusion/collision

conjoncture/conjecture

 

Homophone (et non homophobe), mais néanmoins paronyme:

détoner, avec un seul «n», c’est une explosion (détonation).

En parlant de musique, détonner, avec deux «n», signifie chanter faux. Terme employé au sens figuré = contraster.

 

la sinologie (la langue)

Étude de l'histoire, de la langue et de la civilisation chinoises

 

cynologie (le chien)

Sélection des races canines, terme aussi employé concernant l'éducation des chiens.

La langue... et le chien.           (ldd)

La langue... et le chien. (ldd)

Les papilles font de la résistance...

Publié le par Sifranc le correcteur

(photo dr)

(photo dr)

La bouffe larvée

Vous reprendrez bien une quiche aux vers?

Un entomologiste néerlandais a tenu une conférence universitaire sur la consommation des insectes à des fins alimentaires. L’entomophagie serait en passe de détrôner la cuisine occidentale. Les étudiants ont eu l’occasion de goûter une tartelette aux vers. La protéine a le goût de noisette quand elle n’est pas mélangée à du chocolat.
Si je dois un jour m’astreindre à engloutir des bestioles grouillantes, je suis persuadé que la revanche sera imparable: des vers viendront me bouffer dans ma tombe...
Le scientifique a ensuite convié l’assistance à un banquet: rouleaux de printemps aux sauterelles, crème aux larves, quiche aux vers de farine. Parmi les insectes comestibles – 1200 espèces , on trouve des moucherons, guêpes, termites et coccinelles. Selon l’entomologiste-nutritionniste, chacun de nous, à son insu, mange en moyenne 500 grammes d’insectes par an, dissimulés dans de la confiture aux framboises ou du pain...
Pour moi, un ver ça va, trois vers, bonjour les dégâts!

Une de mes tantes était horrifiée par une colonie de fourmis qui montait de son jardin pour envahir sa cuisine. Le droguiste lui avait vendu un insecticide. Si elle avait su! La nourriture était livrée à domicile... Avec les fourmis, on réalise les meilleurs banquets, selon les chercheurs.
Le lombric a été élu Animal de l’année 2011 par Pro Natura. Qu’on protège donc ce digne gardien des sols suisses et qu’on le biffe des menus concoctés par des savants: ça m’évitera d’en trouver un dans mon assiette!  © AdT

Faute de typographie

Publié le par Sifranc le correcteur

Mauvaise présentation

La Radio Télévision de la Suisse romande (RTS) qui produit l'émission «Histoire vivante» a choisi un générique d'introduction constitué de caractères en plomb assemblés dans un composteur censés former le mot HISTOIRE. L'idée était bonne, cependant ça choque l'ancien typographe que je fus...

Sachant que les typographes composaient les textes à l'envers, dans un effet de miroir, les concepteurs de ce générique ont cru bon de faire défiler les caractères mobiles de droite à gauche! Les vrais typos reconnaîtront ici la position retournée du cran, fente offrant le repère des caractères mobiles afin de pouvoir les aligner dans le sens de la lecture.

Aller chez Encre & Plomb

Visite d'une imprimerie

Caractères en plomb, lus de bas en haut et de g à dr.
Caractères en plomb, lus de bas en haut et de g à dr.

Caractères en plomb, lus de bas en haut et de g à dr.

Rimes masculines/féminines

Publié le par Sifranc le correcteur

Rien à voir avec le genre féminin
ou masculin !

 

Une rime féminine est une rime qui termine par un E muet,

exemple: « rôle » « drôle » « incendie ».

NB. Sont considérées comme rimes féminines celles se terminant par «E», «ES»
et «ENT» (verbe conjugué à la 3e personne du pluriel)

 

Une rime masculine est une rime qui ne termine pas par un e muet,

exemple: « virilité » « rumeur » « humeur »

 

Disposition des rimes alternées:

Rimes plates : AA BB CC

NB. Les rimes plates ne sont à utiliser que dans les poèmes d'un seul tenant. Elles sont proscrites dans les quatrains.


Rimes croisées : ABAB CDCD

Rimes embrassées : ABBA CDDC

Rimes redoublées (reprises au moins trois fois) : AAAB ...

 

Donc, en rimes croisées, une rime masculine doit toujours être suivie par une rime féminine et vice versa…. Exemple plus bas avec Brassens

 

La chasse aux papillons

Rimes alternées F/M (du début à la fin !!!)

 

Un bon petit diable à la fleur de l'âge F

La jambe légère et l'œil polisson M

Et la bouche pleine de joyeux ramages F

Allait à la chasse aux papillons M

 

Comme il atteignait l'orée du village F

Filant sa quenouille, il vit Cendrillon M

Il lui dit : "Bonjour, que Dieu te ménage F

J't'emmène à la chasse aux papillons" M     etc.

 

Cendrillon ravie de quitter sa cage

Met sa robe neuve et ses bottillons

Et bras d'ssus bras d'ssous vers les frais bocages

Ils vont à la chasse aux papillons

 

Il ne savait pas que sous les ombrages

Se cachait l'amour et son aiguillon

Et qu'il transperçait les cœurs de leur âge

Les cœurs des chasseurs de papillons

 

Quand il se fit tendre, elle lui dit : "J'présage

Qu'c'est pas dans les plis de mon cotillon

Ni dans l'échancrure de mon corsage

Qu'on va à la chasse aux papillons"

 

Sur sa bouche en feu qui criait : "Sois sage !"

Il posa sa bouche en guise de bâillon

Et c'fut l'plus charmant des remue-ménage

Qu'on ait vu d'mémoir' de papillon

 

Un volcan dans l'âme, ils r'vinrent au village

En se promettant d'aller des millions

Des milliards de fois, et mêm' davantage

Ensemble à la chasse aux papillons

 

Mais tant qu'ils s'aim'ront, tant que les nuages

Porteurs de chagrins, les épargneront

Il f'ra bon voler dans les frais bocages

Ils f'ront pas la chasse aux papillons

 

Voir aussi: Le Gorille, Brave Margot, Le Testament....

 

En rimes plates ou suivies c’est pareil mais par paire de rimes, deux rimes féminines seront suivies de deux rimes masculines et vice et versa.

Rimes mêlées avec Aznavour (en jaune les féminines)

 

La Bohème 

Je vous parle d'un temps

Que les moins de vingt ans

Ne peuvent pas connaître.

Montmartre en ce temps-là

Accrochait ces lilas

Jusque sous nos fenêtres

Et si l'humble garni

Qui nous servait de nid

Ne payait pas de mine,

C'est là qu'on s'est connus

Moi qui criais famine

Et toi qui posais nue

 

Refrain 1

La bohème, la bohème, ça voulait dire, on est heureux

La bohème, la bohème, nous ne mangions qu'un jour sur deux.

 

Dans les cafés voisins,

Nous étions quelques-uns

Qui attendions la gloire. 

Et bien que miséreux,

Avec le ventre creux,

Nous ne cessions d'y croire

Et quand quelque bistro

Contre un bon repas chaud

Nous prenait une toile,  

Nous récitions des vers

Groupés autour du poêle

En oubliant l'hiver

 

Refrain 2

La bohème, la bohème, ça voulait dire tu es jolie

La bohème, la bohème. Et nous avions tous du génie.

 

Souvent il m'arrivait

Devant mon chevalet

De passer des nuits blanches,

Retouchant le dessin

De la ligne d'un sein,

Du galbe d'une hanche.

Et ce n'est qu'au matin

Qu'on s'asseyait enfin

Devant un café-crème,

Épuisés, mais ravis.

Fallait-il que l'on s'aime

Et qu'on aime la vie !

 

Refrain 3

La bohème, la bohème, ça voulait dire « on a vingt ans »

La bohème, la bohème. Et nous vivions de l'air du temps

 

Quand au hasard des jours,

Je m'en vais faire un tour

À mon ancienne adresse,

Je ne reconnais plus

Ni les murs, ni les rues

Qui ont vu ma jeunesse.

En haut d'un escalier,

Je cherche l'atelier

Dont plus rien ne subsiste.

Dans son nouveau décor,

Montmartre semble triste

Et les lilas sont morts

 

Refrain 4

La bohème, la bohème, on était jeunes, on était fous.

La bohème, la bohème, ça ne veut plus rien dire du tout.

 

Remarque: Refrain 1 et Refrain 2 avec alternance de rimes M/F, puis retour en M pour derniers refrains.

 

Coup de chapeau à Patrick,

poète contemporain qui soigne ses rimes! 

un clic ici:

Voyages immobiles

http://pat.duz.over-blog.org/

Dictée des écoliers

Publié le par Sifranc le correcteur

3e Salon de l'AENJ, dimanche 27 novembre 2016, à la Maison du Peuple,
La Chaux-de-Fonds

 

Dictée des écoliers

Une dictée
pas traumatisante

Imaginez que je vous concocte une dictée où tout le monde ferait zéro faute. On se retrouverait à l’époque de l’émission «L’École des fans». On commencerait par une comptine du genre: «Maman est en haut qui fait du gâteau, papa est en bas qui fume son tabac.» Pour ne pas choquer les bien-pensants, on devrait changer le dernier vers par «Qui fait du chocolat». Mais, ô sacrilège, on rajouterait un pied, puisque les précédents vers en comptaient cinq. Et certains êtres malintentionnés discuteraient sur l’utilité du circonflexe qui, comme la cerise sur le gâteau, lui donne l’empreinte d’une confection raffinée. L’animateur Jacques Martin distribuait la note 10 à chacun des bambins accourus sur le plateau télévisé. Ainsi, chers écolières et écoliers qui vous êtes inscrits à cette dictée, devrai-je proclamer que vous avez tous gagné? Eh oui, en respectabilité ! Mais pour donner du piment à ce texte, je terminerai par des propos spécieux, ne craignant pas le qu’en-dira-t-on. J’espère que vous n’aurez pas lâché les rênes jusqu’à la fin de cette bafouille.

Définition du mot «spécieux»:

Qui a une apparence de vérité et de justice, mais qui n’en a que l’apparence.

Exemple:  la dictée que vous êtes en train de faire...

Dictée principale

Publié le par Sifranc le correcteur

3e Salon de l'AENJ, dimanche 27 novembre 2016, à la Maison du Peuple,
La Chaux-de-Fonds

 

L’amphitryon et la cougar du réfectoire

La plupart des employés de l’usine mangent à la cantine. Ils se réjouissaient d’obtenir du patron un subside de cinq francs pour chaque repas de midi. Seule la moitié a été consentie, mais un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ! Dès potron-minet, les ouvriers choisissent le plat du jour décliné en moult versions : pour les végétariens, les végétaliens, et le menu traditionnel. Souvent, le maître queux a les honneurs de ces demoiselles qui en pincent pour le bel hidalgo. Les mecs un brin jaloux prétendent que la carte, pourtant bien assortie, n’est que du déjà-vu.

(Fin de la dictée pour les lycéens et apprentis)

À peine une critique s’échappe-t-elle d’un convive qu’une cougar le fait taire sur-le-champ. Derechef, elle répète à tout-va que Pablo est un des meilleurs cuistots que la cambuse ait connus. Les dithyrambes lancés en boucle à la cantonade relèvent d’un psittacisme exacerbé de la pimbêche. Au fond du couloir, dans l’antre éclairé au néon, un prosélyte aux produits allégés est en train d’établir des statistiques sur le nombre de calories absorbées dans la semaine. Tel un scribe sur un palimpseste, il calcule, rédige, efface, peaufine son rapport haptique sur une tablette. Une tablette sans sucre...

Question subsidiaire:

Une blondasse ressasse un discours proche de l’amphigouri, une logorrhée qui lui sied à merveille.

Les candidates et candidats ainsi que le correcteur lors de la proclamation des prix.
Les candidates et candidats ainsi que le correcteur lors de la proclamation des prix.
Les candidates et candidats ainsi que le correcteur lors de la proclamation des prix.
Les candidates et candidats ainsi que le correcteur lors de la proclamation des prix.

Les candidates et candidats ainsi que le correcteur lors de la proclamation des prix.

Les réformistes divisent

Publié le par Sifranc le correcteur

Ah tout va bien!

La dictée 2016 portait sur des termes exigeant un ou des traits d’union. Ces locutions plutôt rares dans les discussions du Café du Commerce apparaissent souvent mal orthographiées dans la presse, ce qui fait bondir Sifranc le correcteur. «Un voleur a été pris sur le champ», par exemple. 
Juste: sur-le-champ, définition sur le fait, immédiatement.

Voici la liste de ces mots estropiés:

potron-minet, du déjà-vu, le qu’en dira-t-on, les bien-pensants, à tout-va. Cette dernière expression a coûté la 1re place du concours à l’érudit Daniel Fattore qui n’avait pas mis le trait d’union. Après quelques recherches, notamment sur Google, il se trouve que la graphie «à tout va» est permise, d’où ma dérision en titre de cet article ah tout va... bien! Eh bien non, tout va mal pour celui qui concocte des dictées à longueur d’année. Il s’entoure parfois de collègues correcteurs qui le conseillent sur des termes à ne pas employer car sujets à polémique lors du corrigé. L’antre éclairé au néon (ou aux néons) a donné du fil à retordre au Père Virgule, mais ne dit-on pas éclairé au gaz et non aux gaz.

Peut-on satisfaire l’écrivain, le champion d’orthographe, le greffier, sa femme et le petit prince... Puisque c’est ainsi, je reviendrai l’année prochaine, mon engagement ayant déjà été renouvelé par le président (photo ci-dessus) avec la complicité du Yorkshire qui, lui, se fout de son anglicisme...

Les autres termes portaient sur des mots à découvrir ou redécouvrir:

haptique, malintentionné, eh oui !, un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, le maître queux ou maître-queux, derechef, les rênes, ce fameux mot écrit souvent rennes qu’une écolière de langue étrangère a su écrire à la petite dictée sans confondre avec le troupeau du Père Noël. Bravo à elle malgré ses 25 fautes!

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